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Douleurs articulaires, fatigue, troubles du sommeil... La fibromyalgie est quasiment inconnue en Europe et reste controversée, pourtant aux Etats-Unis, elle représente près d’un cas sur dix d’invalidité... En France, elle concernerait entre 2 et 5 % de la population, principalement des femmes.
Parfois jugée comme psychosomatique, la fibromyalgie souffre de pas ne bénéficier d’éléments biologiques ou radiologiques permettant de l’authentifier, comme c’est le cas par exemple de la spasmophilie.
La fibromyalgie est le nouveau terme pour désigner un syndrome connu depuis longtemps sous le nom de SPID, c’est à dire syndrome polyalgique idiopathique diffus. Ce n’est qu’en 1992 que l’Organisation mondiale de la santé a reconnu cette maladie comme rhumatismale, alors qu’elle était auparavant considérée comme une maladie psychiatrique par les médecins.
Le mot fibromyalgie vient du latin fibra (fibre) et du grec myo (muscle) et algie (douleur). Il s’agit de douleurs chroniques des muscles du squelette qui touchent le corps tout entier, augmentent tout au long de la journée pour atteindre leur maxima durant la nuit. C’est pourquoi elles entravent profondément la vie quotidienne.
Ces douleurs s’accompagnent de bien d’autres troubles, parmi lesquels la fatigue chronique, les troubles du sommeil, les maux de tête, les troubles digestifs, ou encore les troubles de la mémoire.
La fibromyalgie se traduit par de fortes douleurs dans tout le corps et par toute une série d’autres symptômes différents d’une personne à l’autre. De plus, le climat, le moment de la journée, le niveau de stress et d’activité physique sont des facteurs qui influencent la gravité des symptômes et leur variabilité dans le temps. Voici les principaux symptômes recensés à ce jour :
douleurs musculaires persistantes, raideurs, douleurs au toucher
fatigue chronique, difficultés de concentration
troubles du sommeil et sommeil non réparateur
maux de tête, migraines
états dépressifs, anxiété
syndrome de l’intestin irritable
syndrome de la vessie irritable
dysménorrhée (troubles des règles) et règles douloureuses
syndrome des jambes sans repos.
En raison de la multitude des symptômes de la fibrimyalgie et de sa ressemblance avec d’autres syndromes, le diagnostic peut s’avérer complexe.
C’est le médecin qui posera le diagnostic de fibromyalgie après avoir effectué les examens cliniques et biologiques nécessaires et après avoir éliminé les formes secondaires et les pathologies éventuelles présentant des symptômes identiques à la fibromyalgie.
En général, on retient les deux critères suivants établis par le collège américain de rhumatologie (l’American College of Rheumatology), retenus et approuvés par un comité internationale :
douleurs diffuses dans la région axiale, c’est-à-dire le long de la colonne vertébrale, ainsi que sur les côtés droit et gauche du corps depuis au moins trois mois
une sensation de douleur sur au moins 11 des 18 points caractéristiques de la maladie, lorsqu’on y exerce une pression d’au plus 4 kg par cm2 (voir schéma).
Bien que la fibromyalgie engendre des douleurs musculaires chroniques, son origine ne serait pas dans les muscles. La cause exacte du syndrome n’est pas encore connue.
En fait, la fibromyalgie semblerait s’expliquer par le fonctionnement inadapté des neurotransmetteurs (neuromédiateurs permettant le passage de l’influx nerveux entre les neurones, et des neurones aux muscles).
Le neuromédiateur est une substance chimique (appelée également neurotransmetteur), fabriquée par l’organisme et permettant aux cellules nerveuses (neurones) de transmettre l’influx nerveux (message), entre elles ou entre un neurone et une autre variété de cellules de l’organisme (muscles, glandes). C’est de cette façon que se fait le traitement de l’information : les messages passent à travers les cellules possédant la capacité de fabriquer ces substances dans l’organisme. La colère, la faim, le sommeil sont les résultats de l’action de ces molécules de communication.
Une anomalie du contrôle central de la douleur pourrait donc expliquer la fibromyalgie. Dans l’ensemble, les individus atteints de fibromyalgie semblent percevoir la douleur de façon différente des autres. Il semble s’agir d’une perturbation du seuil de perception de la douleur, d’une diminution du seuil de perception de la douleur.
Mais ce ne sont pas les seules causes invoquées. D’un point de vue physiologique, plusieurs études principalement américaines ont évoqué différentes hypothèses :
des altérations du système endocrinien ou hormonal
une anomalie musculaire
une anomalie du système immunitaire
une infection virale
un manque chronique de sommeil réparateur
En plus de ces différentes causes recensées, on constate également que des facteurs psychologiques pourraient entrer en cause. La maladie est souvent reliée à un événement initiateur (stress, traumatisme, dépression...). Ainsi, certains experts recommandent que l’avis d’un psychologue ou d’un psychothérapeute soit sollicité avant toute proposition de traitement afin de prendre en compte tous les déterminants de la plainte douloureuse.
Enfin, les experts ne manquent pas d’ajouter que le manque ou l’excès d’activités physiques ainsi que la tendance à avoir des pensées catastrophistes, c’est-à-dire à se concentrer sur tout ce que la douleur apporte de négatif dans sa vie, aggrave souvent les symptômes de la fibrimyalgie.
Cette pathologie essentiellement féminine (environ 80 % des cas) est de survenue tardive (après 50 ans), mais il existe des cas avant 35 ans. Chez les femmes, la maladie est surtout présente entre 40 et 60 ans, et généralement aux environs de la ménopause.
La fibromyalgie touche également davantage les personnes qui ont des troubles du sommeil, qui ont vécu des expériences traumatisantes, les personnes qui ont été atteintes d’une infection virale importante, ou encore les personnes dont un membre de la famille a souffert de fibromyalgie ou de dépression.
Etant donné que les causes de la fibromyalgie ne sont pas encore explicitement identifiées, et que celles-ci peuvent varier d’une personne à une autre, les mesures sont difficiles à préconiser. Cependant, les spécialistes s’accordent sur plusieurs recommandations en prévention :
préserver une bonne qualité de sommeil en apprenant à gérer ses périodes de repos (rythmes réguliers, aménagement de siestes...)
privilégier la relaxation en mettant en place des plages de relaxation, des pauses planifiées
continuer à pratiquer une activité physique. On ne le dira jamais assez, mais l’activité physique apporte beaucoup de bénéfices dans de nombreux domaines, même pour des personnes atteintes de fibromyalgie. En effet, cela ne doit pas entraîner un arrêt total d’exercices physiques sous pretexte que l’on souffre, au contraire, les effets n’en seront que bénéfiques. En revanche, il faut savoir se créer un programme propre et réaliste afin de pouvoir le suivre au long cours, il faut planifier et fractionner les efforts. Un programme d’exercices de reconditionnement physique apporte un soulagement et une nette amélioration dans les symptômes douloureux. Il faudra tout d’abord commencer doucement puis augmenter petit à petit l’intensité et la durée. Certains exercices sont davantage recommandés : marche, yoga, étirements...
bien qu’il n’ait pas été établi que l’alimentation pouvait avoir une quelconque efficacité, il est tout de même préconisé d’adopter une alimentation saine et équilibrée afin de ne pas accumuler de surpoids car celui-ci accentue les douleurs aux articulations et aux muscles
enfin, la fibromyalgie peut s’avérer être une épreuve douloureuse tant sur le plan physique que psychologique. C’est pour cela qu’un soutien psychologique de la part de sont entourage peut être une aide précieuse pour affronter la douleur. Il existe également des associations qui pourront vous apporter soutien et écoute.
Mal connue, la fibromyalgie est souvent mal soignée. Les traitements médicamenteux ne sont pas toujours efficaces. Parce qu’on connaît encore peu les origines de la fibromyalgie, les traitements médicaux offerts aux malades reposent davantage sur l’expérience clinique ainsi que sur les connaissances en neurophysiologie de la douleur.
Ainsi, les principaux médicaments généralement prescrits sont :
les anti-inflammatoires non stéroïdiens (ibuprofène par exemple). Ils permettent parfois d’atténuer les douleurs et les raideurs musculaires mais leur efficacité varie d’une personne à l’autre. Le principal inconvénient est qu’à long terme, l’usage de ces médicaments peut causer des effets indésirables sérieux : douleurs et saignements à l’estomac, ulcères d’estomac, dommages aux reins et hypertension
les antidépresseurs : de faibles taux de sérotonine seraient liés à la dépression, mais aussi aux migraines et à l’anxiété. Ainsi, les antidépresseurs augmentent la quantité de sérotonine dans le cerveau. Ils peuvent être donc utilisés même en absence de dépression mais ils ne sont pas toujours efficaces
les relaxants musculaires
les sédatifs pour faciliter le sommeil, mais leur usage à long terme n’est généralement pas recommandé par les médecins
les corticostéroïdes n’ont démontré aucune efficacité pour traiter la fibromyalgie.
Le dernier congrès européen de rhumatologie a mis l’accent sur la nécessité de prendre en charge plus globalement la fibromyalgie, selon une approche pluridisciplinaire. Tout d’abord, même si ce syndrome reste mystérieux, les personnes touchées sont bien réelles et elles souffrent beaucoup physiquement, psychologiquement et socialement.
La première chose indispensable consiste donc à informer en détail le patient, mais aussi sa famille, sur sa maladie.
5-HTP (5-hydroxytryptophane)
Le 5-HTP est un acide aminé que notre organisme produit à partir du tryptophane, un autre acide aminé présent dans les aliments protéinés (viande, volaille, poisson, produits laitiers, légumineuses et noix). Une fois absorbé, le 5-HTP se transforme en sérotonine, un neurotransmetteur qui remplit un rôle essentiel dans la régulation de l’humeur, de l’appétit et du sommeil. Le 5-HTP a un rôle très bénéfique et prévient l’apparition de migraine. Il pourrait également soulager les personnes atteintes de fibromyalgie.
Suppléments en magnésium
Le magnésium est le minéral anti-stress par excellence. Or, on a pu constater chez de nombreuse personnes que des carences en magnésium se traduisaient bine souvent par de la fatigue, de l’irritabilité, des palpitations, voire des insomnies. Le surmenage et le stress sont en général également de grands consommateurs de magnésium.
Un taux de magnésium inférieur à la normale semble fréquent chez les personnes atteintes de fibromyalgie. Il pourrait notamment jouer un rôle dans le soulagement de la douleur par son action relaxante sur les muscles lisses.
Thérapie cognitivo-comportementale
Parmi les solutions alternatives, les approches corps-esprit sont les plus utilisées par les personnes qui souffrent de fibromyalgie. La thérapie cognitivo-comportementale est une psychothérapie individuelle visant à aider les personnes à mieux connaître et comprendre leur maladie, et à mieux gérer leurs états d’anxiété, leurs émotions et leurs douleurs. Un des buts recherchés est de remplacer les pensées et les perceptions négatives, qui peuvent aggraver les symptômes, par d’autres plus positives. Cela peut impliquer certains changements dans la vie quotidienne.
Massothérapie
Le massage peut être parfois douloureux pour une personne fibromyalgique, mais pourrait réduire la douleur à moyen terme. Il peut également avoir d’autres impacts positifs comme la réduction de la dépression, de la douleur, l’amélioration du sommeil et de la qualité de vie. Mais, ces effets ne persistent pas à long terme.
Collagène
Plusieurs recherches effectuées sur une série de personnes atteintes de fibromyalgie (selon les critères de l’American College of Rhumatology) ont permis de découvrir (par biopsie musculaire et dosage urinaire et sanguin) qu’il y avait chez certaines personnes un déficit en collagène se traduisant non seulement par une moindre quantité de collagène intramusculaire, mais également par un remodelage de la matrice extracellulaire avec dépôt de collagène autour des fibres nerveuses. Cela a donc pour effet une baisse du seuil aux microtraumatismes musculaires et une baisse de seuil de tolérance à la douleur au niveau des points sensibles.
Ainsi, chez une série de personnes atteintes de fibromyalgie depuis au moins 2 années, la prise d’un « hydrolysat de collagène » a permis de diminuer significativement le niveau de douleur de ces personnes.
Les bienfaits du collagène seraient dus, entre autres, à deux de ses principaux composants : la phénylalanine et la tyrosine. La phénylalanine est un antalgique, quant à la tyrosine, il s’agit d’un antidépresseur qui permet l’adaptation physiologique de l’organisme au stress en favorisant le stockage de l’adrénaline.
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